Verdurable

Au CMPR de Bagnoles-de-l’Orne (61), « le jardinage a vraiment valorisé les patients »

atelier d'hortitherapie réalisé par ergothérapeutes au CMPR de Bagnoles

Au Centre de Médecine Physique et de Réadaptation (CMPR) de Bagnoles de l’Orne (61), L’ergothérapeute Annabelle Lebis pratique l’hortithérapie avec ses patients. Ce processus favorisant l’activité et la communication des patients est jugé très satisfaisant par la professionnelle

Comment avez-vous lancé ce projet ?

Le projet de jardin thérapeutique est le fruit d’une réflexion entre plusieurs professionnels du CMPR qui souhaitaient augmenter leurs lieux d’expérimentation en situation de vie. Nous nous sommes renseignés auprès des autres établissements de l’association sur les jardinières qu’ils utilisaient. Il s’agissait de jardinières en bois non réglables qui n’étaient pas adaptées à nos patients. Ensuite, nous avons découvert les modèles de Verdurable que nous avons commandés. Les jardinières à hauteur variable permettent de lever les freins au jardinage pour certains patients.

Le projet s’est bien intégré à votre établissement ?

Parmi les ménages français, la moitié jardine et le tiers entretient un potager. Nous essayons de soutenir les patients en rééducation dans la reprise ou le maintien de cette activité. En effet, certains souhaitent la reprendre et ont besoin d’être accompagnés pour cela. Ce projet avait donc toute sa place dans notre établissement. Lorsque nous avons défendu le projet, la direction a eu la volonté de le développer.  Nous avons installé les jardinières sur les balcons pour que tous les patients puissent y accéder. Lors de la mise en place des jardinières, nous avons proposé aux patients de participer aux premières plantations. Cette installation a eu du succès : treize patients ont participé et les retours ont été positifs.

Selon vous, quelles sont les vertus de l’hortithérapie ?

L’hortithérapie démontre aux patients que malgré leur handicap,  ils peuvent jardiner. Cette thérapie répond à plusieurs de nos objectifs de rééducation et de réadaptation. Elle permet aussi de valoriser certains patients. Elle les responsabilise et favorise les échanges et la communication. Par exemple à cette première séance, les treize participants avaient des handicaps différents. L’hortithérapie a permis de travailler pour certains les capacités motrices (équilibre, capacités manuelles) et pour d’autres les capacités cognitives (planification, concentration). Cette activité a suscité des échanges et des contacts sociaux entre les patients. Des patients aguerris étaient fiers d’apporter leurs connaissances. Nous avions confié la mission d’arroser les jardinières ou de retirer le surplus d’eau quand ceci était nécessaire à un patient qui ne prenait pas d’initiatives ni de responsabilités. De plus, au CMPR, nous promouvons l’activité physique quotidienne et le jardinage est reconnu en tant que tel.

Est-ce important pour les patients de partager ce genre d’expérience ?

Bien sûr, car cette activité permet l’échange d’expériences antérieures mais aussi une cohésion de groupe. Des participants peuvent solliciter des patients ayant des difficultés de langage lors de la séance. Cette activité favorise l’entraide lorsque les capacités de certains participants sont plus limitées. De plus, pour les patients, cette séance est assimilée à un moment convivial, de loisirs et non à une séance de rééducation et réadaptation. Pourtant, du point de vue du thérapeute, l’activité permet de travailler sur de nombreux objectifs.

Finalement, qu’avez vous pensé des jardinières ?

Je suis entièrement satisfaite de ces jardinières. Les patients et les équipes du CMPR les ont appréciées également. Elles sont fonctionnelles et accessibles à tous.  D’ailleurs, un des participants a écrit un article sur le premier atelier. Il avait détaillé les activités et recueilli l’avis des participants. Il n’a reçu que des points positifs. L’article a été publié sur tous les panneaux d’affichage de l’établissement. Je recommanderai tout à fait l’hortithérapie à d’autres professionnels de santé. Par ailleurs, nous avons même mis en place un potager au sol. Nous cherchons à montrer à nos patients comment poursuivre leur activité de jardinage. Etant en milieu rural, nous avons conscience que cette activité est chère à notre population.

Droit à l'image : CMPR Bagnoles

Pour en savoir plus : consultez notre page sur les jardins thérapeutiques

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