« Le jardinage a un vrai impact, il rend la convalescence plus rapide», témoigne l’hôpital Renée Sabran (83)

Salomé Vermesch travaille au service de gériatrie de l’hôpital Renée Sabran de Hyères. Elle a participé à la création d’un jardin thérapeutique pour les patients du service avec l’aide de l’établissement et de la fondation Hospices Civils de Lyon. Aujourd’hui, elle nous présente ce beau projet.

jardinage thérapeutique à l'hôpital Renée Sabran

Au printemps 2021, les patients du service de gériatrie de l’hôpital Renée Sabran (Var) ont pu goûter aux joies du jardinage. En effet, l’établissement a lancé un projet de jardin thérapeutique en 2019, l’ojectif étant de proposer de nouvelles activités en extérieur (outdoor therapy) pour accompagner la progression en rééducation des personnes âgées. Porteuse de l’initiative, Salomé Vermesch avait alors rejoint le service en tant que stagiaire M2 APAS (Master 2 en Activités Physiques Adaptées et Santé).

Aujourd’hui, 8 jardinières ergonomiques Verdurable ont été installées devant le service de Gériatrie au sein de l’hôpital.

Comment gérez-vous le jardin ?

Le jardin est entretenu par les personnes âgées du service gériatrie ainsi que le personnel rééducateur. Néanmoins, il reste ouvert à différents services comme l’animation des patients du pavillon des Kermès (blessés médullaires et polytraumatisés …), l’ergothérapie ou la psychomotricité avec des séances de relaxation. Dans le service des Freesias, on mène des activités hebdomadaires et individuelles pour s’adapter au contexte sanitaire. Durant ces séances, les participants plantent, repiquent, arrosent, etc.

Cette année, on fait pousser diverses variétés de fruits et légumes : tomates, melon, choux, courgettes… Et pour l’eau, on a fait installer un accès au réseau d’eau non potable.

Pouvez-vous nous parler des jardiniers ?

Dans le cadre d’une recherche clinique, j’ai invité plusieurs patients à leur entrées dans le service de Gériatrie. Nous avions quatre volontaires particulièrement actifs : Josette, Christiane, Nicole et Jean-Marie, tous hospitalisés pour des arthroplasties. 

Ils sont très motivés car ils ne pensaient maintenir ce genre d’activité suite à une chirurgie de la hanche ou du genou. Jardiner leur a permis de s’échapper des conditions d’hospitalisation, des blouses blanches, de l’environnement médical. Ils y prennent beaucoup de plaisir. Je pense que le jardinage a un impact sur les capacités physiques et les sentiments de satisfaction, de plaisir et de bien-être ce qui a un impact certain sur la convalescence.

Droit à l’image : Salomé Vermesch

« Le système de santé français tend vers des pratiques innovantes, il faut en profiter », témoigne Salomé Vermesch.

Quelles aides extérieures avez-vous reçues pour réaliser ce projet ?

Nous avons écrit un document de présentation et nous l’avons présenté à des entreprises locales, des associations et des fondations. Le groupe Hospices Civils de Lyon (HCL) dont nous sommes rattaché et ils nous ont accordé une enveloppe de 10 000 euros via sa fondation. Nous avons aussi répondu à des appels à projet et créé une plateforme de crowdfunding (plateforme participative de dons en ligne). Depuis 2019, on a reçu des réponses très diverses. Des entreprises nous ont proposé des coups de main, du matériel, des outils, des plantes, etc et d’autres n’ont pas répondu à notre demande, c’est le jeu. On aimerait bien organiser une cérémonie d’ouverture pour remercier tout le monde mais le contexte actuel fait qu’il est plus compliqué de mettre en place tout ça.

Quels seraient vos conseils pour lancer un jardin thérapeutique et vos projets futurs ?

Pour ce projet, on m’a conseillé de voir en grand. Puisque nous avons un bon système de santé en France qui tend vers des pratiques innovantes, il faut en profiter. Le jardin n’aurait pas vu le jour sans le soutien de la direction de l’hôpital, surtout pendant cette période pandémique. Pour l’été à venir (2021), l’entretien du jardin continue à se ritualiser dans l’équipe. Chacun d’entre nous, prendra plus ou moins le relai et maintiendra le jardin en place. Pourquoi ne pas maintenir les ateliers cuisine pour travailler la motricité fine, l’indépendance et l’autonomie des patients ?