Permaculture, vers un futur plus vert ?

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Du 24 au 29 janvier 2020 se tiendra le Permaé, premier salon parisien consacré à la permaculture. Cette philosophie prônant la création d’écosystèmes durables fait de plus en plus d’adeptes. D’où vient-elle et que peut-elle proposer ?

permaculture

Australie, 1978, un biologiste Bill Mollinson et un essayiste David Holmgren publient : Permaculture – 1, une agriculture pérenne pour l’auto-suffisance et les exploitations de toutes les tailles. L’ouvrage s’inspire en partie du travail de l’agriculteur Masanobu Fukuoka. Il condense près de dix ans de recherches pour repenser le rapport entre Humain et Nature. Référence chez les écologistes, ce livre officialise le concept de permaculture, mot-valise contractant permanent et agriculture. Il le définit comme « un système évolutif intégré, d’auto-perpétuation d’espèces végétales et animales utiles à l’Homme ». D’adeptes en adeptes, le concept s’est développé. Aujourd’hui, l’Université Populaire de Permaculture (UPP) le définit plutôt comme : « une science et un art qui visent à aménager des écosystèmes humains éthiques, durables et robustes qui s’intégreront harmonieusement avec la nature ». Actuellement, de plus en plus de permaculteurs ouvrent les portes de leurs exploitations.

Créer son espace agricole autosuffisant

Les installations permacultrices essaient d’imiter des écosystèmes présents dans la nature comme le bocage. Elles cherchent ainsi à se reproduire sans éléments chimiques de synthèse. Créer ce type d’installation demande  des connaissances certaines en biologie. Quels animaux produisent de l’engrais ? Quelles plantes éloignent les parasites ? Autant d’informations pour travailler le design, un mot de jargon pour l’entretien et la maintenance de l’espace agricole. En 2015, Lorène Lavocat, journaliste de Reporterre, est partie découvrir une ferme permacultrice du hameau de Rouveyrac (30). Elle explique ainsi que : « chaque élément doit se retrouver à la place la plus judicieuse, pour qu’il n’y ait ni gaspillage, ni perte d’énergie ». Enfin, l’action humaine doit également être pensée dans cet espace durable : récupération d’eau, utilisation des déchets, etc. Le cultivateur fait partie intégrante de l’installation.

L’extension de la permaculture au XXIème siècle

En 2002, David Holmgren publie Permaculture Principles and Pathways beyond Sustainbility.  Le concept de permaculture devient la contraction de permanent et culture. Il traite depuis lors d’éducation, de finance, de santé et de gestion territoriale. Cet ouvrage promeut des idées écologistes comme le recours aux vélos ou le commerce éco-responsable via des monnaies locales. Néanmoins, nous pouvons également y lire des suggestions plus mystiques, notamment le recours aux para-sciences comme les médecines non-conventionnelles ou la biodynamie. Cette irruption de la spiritualité au cœur de la permaculture à radicalement transformé cette discipline, ainsi devenue, pour les nouveaux permaculteurs, un art de vivre alternatif. 

culture écologique pour notre planète
Pour quels résultats ?

Faire le choix de s’opposer aux techniques  industrielles pose la question des rendements. Commençons par constater que la permaculture n’est pas adaptée au marché. S’il est possible d’en vivre, elle demande cependant plus d’espace et de moyens financiers que l’agriculture productiviste. Toutefois, rappelons que la permaculture n’est pas une liste de pratiques mais une réflexion générale sur l’exploitation de la nature. Ainsi, dans les années 70, l’ingénieur agricole Dominique Soltner identifiait des méthodes d’agriculture qui pouvaient s’apparenter à la permaculture. Citons l’éleveur breton André Pochon qui emmenait paître ses bovins dans des champs de trèfles blancs, digestes et riches en minéraux, pour produire un engrais naturel.

Rappelons enfin que la permaculture se nourrit aussi des innovations du monde agricole traditionnel. Initialement inspirée par Fukuoka, cette discipline contribuera au corpus agroécologiste, influencée par les autres approches de la nature comme  l’agroforesterie, afin de relever les défis de l’agriculture du futur.